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Nouvelle acquisition du musée : la Bacchanale au centaure de Jacques-Philippe Caresme

Fils d’un conseiller amateur de l’Académie royale, Jacques-Philippe Caresme (1734-1796) se forma avec son cousin Charles Antoine Coypel. Son éducation artistique reposa par ailleurs sur des copies d’après des pastels de François Boucher, documentées avant 1763. À partir de 1753, Caresme devint élève de l’Académie royale, où il fut agréé comme peintre d’histoire en 1766. Exposant au Salon dès l’année suivante, Caresme y rencontra un certain succès.
En 1768, Louis XV lui passa commande de deux dessus-de-porte pour l’antichambre du petit Trianon au Château de Versailles, à thématique florale : Métamorphose de la nymphe Menthe changée en plante, signé et daté 1772, et Myrrha métamorphosée en arbuste. Toutefois, il perdit en 1778 sa place d’académicien, faute d’avoir fourni un morceau de réception.
Caresme réalisa surtout des œuvres mythologiques à la fois aimables et lestes, dont l’énergie érotique et la couleur sensuelle témoignent à l’évidence d’un regard sur Pierre Paul Rubens, artiste parmi les plus appréciés dans la France des Lumières. Nombre de ces scènes furent popularisées par des gravures de Bonnet, Demarteau ou Janinet.
Caresme a également laissé quelques sujets historiques, traitant du passé avec un dessin de La Mort de Duguesclin (localisation actuelle inconnue) ou bien en écho aux évènements révolutionnaires, illustrés par deux gravures : Dédiée aux femmes (Bravoure des Femmes Parisiennes à la Journée du 5 octobre 1789) et Dernières paroles de Marie Joseph Chalier (1797-1793) dans les prisons de Lyon, 16 juillet 1793 rendant hommage à ce jacobin intransigeant exécuté.

La Bacchanale au centaure appartient certes à un genre bien connu chez l’artiste, elle n’en demeure pas moins exceptionnelle par sa liberté d’invention, sa monumentalité affirmée et sa technique virtuose. Dans la clairière de quelque forêt s’avance un cortège mené par un centaure soufflant dans une trompe, une femme plantureuse brandissant une torche torche juchée sur son dos chevalin. Ce groupe pittoresque est précédé par un enfant tenant le lierre et le thyrse de Bacchus, tandis qu’un autre bambin s’écroule près d’une outre renversée ; derrière s’avance une foule indistincte, d’où surgit une chèvre. Plus hardi encore, un bacchant grimpe sur le tronc d’un arbre.
Inspiré par l’univers antique du dieu du vin et de ses compagnons exaltés, cette feuille renvoie à l’héritage artistique des maîtres flamands du XVIIe siècle, en particulier Jacob Jordaens et Rubens. Inspiration n’est pas pastiche, Caresme traite cette scène bacchique avec une liberté rare et bienvenue dans son œuvre : les figures vigoureuses sont modelées par un trait large d’encre brune, ombrées par quelques notes ténues mais justes de lavis et éclairées par de fluides rehauts de blanc de plomb. Les formes sont traitées de manière suggestive, comme pour traduire l’ivresse fébrile du cortège, et Caresme se laisse aller à de véritables effets atmosphériques, ainsi la fumée de la torche qui semble se confondre avec les frondaisons des arbres et les nuages du ciel. L’esthétique de la Bacchanale au centaure s’avère digne des meilleurs dessinateurs européens de la fin du XVIIIe siècle : certain amateur l’a même prise au départ pour une feuille de Giandomenico Tiepolo…

Le musée Cognacq-Jay possède déjà trois dessins de Caresme, légués en 1928 par Ernest Cognacq : deux scènes musicales et théâtrales d’extérieur, Arlequin ou La Danse et La Joueuse de guitare ou La Musique, aquarelles proches de l’œuvre de Jean-Antoine Watteau, et Bacchus et Érigoné (?), feuille à la plume rehaussée d’aquarelle.
Il se pourrait que cette Bacchanale au centaure constitue une première idée de Caresme pour un tableau de sujet identique, à la composition proche mais aux variantes notables, vendu par Sotheby’s à New York le 8 juin 2007 (lot 263 : huile sur toile, 66x50,2 cm). Le rapport entre dessin et peinture chez Caresme s’avère suffisamment rare pour ne pas être mentionné.

Pour aller plus loin

Accès, horaires, accessibilité

Musée Cognacq-Jay
8, rue Elzévir
75 003 Paris

Tél. : 01.40.27.07.21
Métro : Saint-Paul, Chemin-Vert, Rambuteau
Bus : 29, 69, 76, 96

Ouvert de 10 heures à 18 heures, du mardi au dimanche (fermeture de la caisse à 17h30). Fermeture le lundi et certains jours fériés : le 1er janvier, le 1er mai, le 8 mai, le 14 juillet, le 15 août, le 1er novembre, le 11 novembre, le 25 décembre.

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